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Il a suffit qu’un GI américain dise tout haut ce que nombre de ses camarades pensent tout bas. Au cours d’un débat organisé au Koweït avec le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, un militaire s’est plaint des problèmes d‘équipement, notamment l’absence de blindage de certains véhicules, ainsi que de la longueur des missions.

Applaudissements dans l’assistance, le numéro un du Pentagone est totalement pris de cours. Il demande au soldat de répéter la question, le temps de mettre au point une réponse aux accents cyniques : “Vous partez en guerre avec l’armée que vous avez. Pas avec l’armée que vous voudriez ou souhaiteriez avoir.” Difficile pour Washington de dissimuler l’embarras engendré par un thème ayant déjà occupé une partie de la campagne présidentielle. Hier soir, Georges W. Bush est intervenu à son tour pour défendre le secrétaire à la Défense qu’il vient de reconduire dans ses fonctions et noyer le poisson en estimant que poser ce genre de question était normal. En Irak, les soldats de l’armée la plus puissante du monde en sont réduits à bricoler eux-même le blindage de leurs véhicules, ce qui n’a pas empêché la mort de plus de 1 000 GI’s. Le Pentagone a fait savoir que tout serait fait pour améliorer la protection des véhicules.

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