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1945. L’Allemagne nazie est vaincue par les alliés. Le pays est en ruine et il va falloir l’aider à relancer son économie afin qu’il puisse régler ses dettes de réparation. Pour cela, et pour anéantir le nazisme et faire en sorte que l’Allemagne ne trouble plus jamais la paix mondiale, le pays est mis sous tutelle. Les vainqueurs de la guerre le partagent en quatre zones.
 
Quatre secteurs d’occupation, britannique, américain, soviétique et français. Berlin, situé en pleine zone soviétique, est aussi divisé en quatre secteurs avec une direction quadripartite. Mais contrairement aux accords conclus, qui proclament la liberté pour chaque nation de choisir son régime politique, Moscou entend imposer ses propres principes sur sa zone. C’est le début de la mésentente des alliés qui aboutira au blocus de Berlin ouest.
 
Ainsi débutent trois ans après la guerre, la guerre froide. Le monde est divisé en deux, et Berlin coupée du monde, prisonnière de l’expansionisme soviétique. Le 24 juin 1948, le blocus est total, plus rien ne rentre ni ne sort de Berlin ouest.
 
Deux millions de personnes sont ainsi prises en otage, qu’il faut ravitailler. Les alliés hésitent, puis finissent par choisir l’option du pont aérien. Le plus vaste jamais mis en place. Trois couloirs permettent à un avion d’atterrir toutes les 3 minutes. 8.000 tonnes de marchandises sont livrées chaque jour pendant 324 jours. Les pilotes participant à l’opération ont aujourd’hui encore le goût du devoir accompli : “S’il avait été question de nourrir un ancien ennemi, ils ne seraient pas parvenus à envoyer un seul avion, nous n’aurions pas voulu le faire. Mais quand nous avons vu ce que les communistes étaient en train de faire aux gens, nous nous sommes dits, nous allons changer ça.”
 
La population survit mais manque de tout, de médicaments, de chauffage. Les cartes de rationnement refont leur apparition, les maladies se propagent. Pour soulager les enfants, les pilotes ont alors l’idée des fameux candy bombers. A l’aide de mouchoirs, ils fabriquent de petits parachutes qui lâchent des bonbons. 23 tonnes seront ainsi délivrées aux petits Berlinois. Mercedes n’a pas oublié :  “ Je me souviens de ces petites barres de chocolat qui étaient accrochées aux parachutes. J’ai même alors écrit à mon “oncle chocolat”, à l’aéroport de Tempelhof, et je lui ai demandé qu’un parachute, juste un parachute, tombe directement dans notre jardin.”
 
Le blocus prend fin le 12 mai 1949 à minuit. Mais la guerre froide est en marche. L‘épisode aura accéléré la partition de l’Allemagne et ouvert la voie à d’autres souffrances pour les Berlinois.

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