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C‘était en juin, en Sibérie, au sommet Union européenne-Russie. L’une et l’autre affichaient leur intention de s’engager dans un “nouveau partenariat stratégique”. Les discussions doivent se poursuivre les 15 et 16 septembre. Sauf changement d’ici là.

Car début août, le conflit géorgien a bouleversé la donne. Plutôt que de partenariat, il est désormais question d’accusations mutuelles, chacun suspectant l’autre de vouloir imposer sa loi. Ce que réfute l’ambassadeur de la Russie auprès de l’Union européenne, Vladimir Chizhov. “La Russie ne revendique pas un contrôle exclusif sur l’ensemble de ses pipelines. Et nous comprenons bien que l’Europe aura besoin à l’avenir de bien plus de ressources énergétiques qu’aujourd’hui. Peut-être à partir de différentes sources d’approvisionnement.

En tout cas, les compagnies russes répondent favorablement aux demandes venant d’Europe. Et sur le long terme, nous souhaitons bien sûr accroître notre coopération avec nos clients européens.”

De l’avis de nombre d’analystes, la Russie a en effet tout autant besoin de l’Union européenne que l’Union européenne de la Russie. Ce que confirme le député européen polonais Jacek Saryusz-Wolski, qui préside la commission des Affaires étrangères du Parlement : “Nous avons besoin de la Russie. Nous avons besoin avec elle d’une coopération aussi bonne que possible. Mais sur la base de normes européennes et internationales civilisées. Notre intérêt économique, c’est d’avoir des règles imposées et respectées. Cela vaut aussi pour la coopération entre l’Union européenne et la Russie en matière énergétique. Or il est clair que la situation dans le Sud-Caucase menace la sécurité énergétique. Tout comme celle des compagnies européennes qui investissent dans les champs gaziers et les oléoducs. Il y a convergence entre les approches économique et de sécurité énergétique.”

Chaque camp affiche sa bonne volonté… tout en maniant le bâton pour faire valoir ses droits. L’Union européenne pourrait ainsi revenir sur sa promesse de supprimer les visas pour les ressortissants russes désireux de venir chez elle.

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