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La gestion des revenus des hydrocarbures divise la société norvégienne au point que depuis une décennie elle est à l’origine d’incessantes alternances au pouvoir. Un paradoxe puisque depuis 10 ans, les norvégiens ont commencé à profiter des retombées du pétrole.

Auparavant, la Norvège avait dû rembourser les prêts engagés pour développer cette industrie après la découverte du premier gisement d’Ekofisk en mer du Nord, en 1969. Depuis, en prévisions de temps plus difficiles et de l’après pétrole, le riche pays scandinave a décidé de mettre de coté ses revenus pétroliers dans un fonds de pension public. Les versements ont commencé en 1996, et aujourd’hui ce fonds spécial pèse pas moins de 300 milliards d’euros. Une manne dans laquelle l’Etat, en temps normal, ne peut puiser qu‘à hauteur de 4 pourcent maximum par an pour équilibrer son budget. Une règle restrictive, que le gouvernement sortant a fait exceptionnellement passer à 7% cette année pour cause de crise. Pas assez, estime l’opposition de droite, le Parti du Progrès, qui veut puiser plus dans ce trésor : “ Nous devons discuter pour savoir comment gérer ces fonds pour le bien-être des norvégiens qui en sont propriétaires de plus droit” martèle sa dirigeante. Pour le chef des Travaillistes et Premier ministre sortant, ce serait du gaspillage : “Vous parlez comme si vous aviez l’intention d’utiliser tous ces revenus pétroliers pour améliorer l‘état providence norvégien, répond-il. Non, nous parlons de 50 à 60 milliards de couronnes dont vous voulez vous servir pour baisser les impôts, cela ne signifie pas ouvrir des hôpitaux, ou construire de nouvelles routes…” Malgré un taux de chômage stable à 3%, le plus bas d’Europe, et bien qu’ils n’aient subi qu’une brève récession, les norvégiens connaissent les files d’attente pour obtenir des soins médicaux et trouver une place dans les maisons de retraite. Et le réseau routier est insatisfaisant. Carences d’un Etat assis sur un trésor, qui ne font qu’irriter un peu plus les norvégiens.Plus d'actualités sur : ,

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