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Sauver la Grèce de la banqueroute. C’est désormais l’obsession du gouvernement Papandréou. A peine arrivés au pouvoir, en octobre 2009, les socialistes révélaient un déficit abyssal. Or la zone euro n’est pas à l’abri d’un contagion, et c’est bien ce qui inquiète les autres pays européens.

Le mécanisme élémentaire, le voici : un Etat se doit d‘équilibrer au mieux dépenses et recettes. En Grèce, le déséquilibre est tel que le déficit budgétaire atteint 12,7% du PIB, plus de quatre fois le plafond autorisé. Et plus le déficit se creuse, plus la dette augmente. Elle est actuellement évaluée à 113%.

C’est là aussi bien plus que la limite fixée par le Pacte de stabilité, près du double. Un niveau tel que la crédibilité de l’Etat grec vacille sur les marchés financiers. Or pour financer son déficit et sa dette, le pays a besoin des marchés.

Il emprunte de l’argent en émettant des obligations. Ces titres sont achetés par des banques publiques ou privées, des fonds de pensions ou encore des compagnies d’assurance. Et en contrepartie, la Grèce leur verse des intérêts.

Mais les taux de ces intérêts varient en fonction des évaluations que font les agences de notations. Plus les agences estiment que le pays aura du mal à rembourser, plus la note est mauvaise et plus les intérêts gonflent. Ils gonflent aussi sous l’effet des attaques spéculatives. C’est ce qui se produit pour la Grèce.

La situation peut ainsi dégénérer jusqu’au défaut de paiement, en clair la faillite. Et c’est là que la crise risque de se propager au reste de la zone euro, les pays aux finances les plus fragiles pouvant à leur tour avoir des difficultés à emprunter. Parmi les plus exposés, l’Espagne, l’Irlande et le Portugal.

Pour éviter d’en arriver là, les Européens, Français et Allemands en tête, se sont en quelques sortes portés garants pour la Grèce. Mais ils exigent du pays qu’il fasse des efforts colossaux pour ramener son déficit dans les clous du Pacte de stabilité.

Athènes a donc lancé un plan d’austérité sans précédent, avec gel des salaires des fonctionnaires, report de l‘âge de la retraite et hausse des taxes.

Son corollaire, c’est le bouillonnement social et un profond sentiment d’injustice. Les Grecs, conscients d‘être dans une voie sans issue, sont aujourd’hui partagés entre combativité et résignation.

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